" Un autiste profond passe sa vie en prison. Un Asperger la passe au zoo..." - S.F -

samedi 7 mai 2016

Le casse-tête du management à l'américaine

Dans mon monde à moi...

On tutoie :
- les enfants
- éventuellement les adolescents et les jeunes adultes, ce ne sera pas choquant
- les gens dont nous sommes affectivement proches : les membres de notre famille, les amis, les partenaires amoureux
- les collègues
- les gens qui eux-mêmes nous tutoient, selon le "principe de réciprocité" qui veut que je fasse ce que les autres me font, car en calquant mon comportement sur le leur je suis sûre de ne pas me tromper.

On vouvoie... tous les autres !
- les professeurs, médecins, supérieurs hiérarchiques, dirigeants, politiciens et autres célébrités, ...
- mais aussi les inconnus, ou encore les gens que l'on connait de vue mais sans plus, comme les commerçants ou certains voisins.

Pour résumer,  tutoyer une personne implique forcément d'être proche d'elle. Elle me connait et je la connais. 

Vouvoyer est donc dans un tout autre registre, empreint de respect, de distance et de superficialité. Par conséquent, tous les sujets ne sont pas à aborder avec les gens que l'on vouvoie, et la vigilance s'impose lors des échanges, afin de ne pas franchir une ligne invisible mais ô combien réelle, au-delà de laquelle tout devient très vite déplacé.


Imaginez-vous mieux à présent le casse-tête que représente pour moi le management à l'américaine, qui veut que l'on tutoie ses supérieurs hiérarchiques, parfois même son patron, et qu'on les appelle par leur prénom ?

C'est pour moi en totale contradiction avec les règles simplissimes énoncées plus haut.
Les tutoyer voudrait dire que je peux être à l'aise avec eux, que la distance entre eux et moi n'existe pas et qu'ils sont mes amis.
Alors que dans les faits, ils me donnent des ordres auxquels je dois obéir, je leur dois le respect et je dois garder mes distances comme eux gardent les leurs.

Dans ces conditions, comment m'adapter ? Comment trouver la bonne attitude alors qu'il s'agit pour moi d'un non-sens absolu ?

N'oublions pourtant pas que ce type de management nous vient des USA, pays anglophone où il  n'y a ni "tu", ni "vous", mais un seul mot : "you"...

Alors, dois-je aller vivre aux Etats-Unis pour enfin rester dans une entreprise où je ne heurterais plus mes supérieurs à cause de mon comportement inapproprié ?

Pfffff, j'en n'ai pas trop envie, moi ! ...